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Merry Nightmare #1

Yumeji est un lycéen qui possède un don particulier: il parvient à deviner quelle va être la tonalité des rêves de ceux qu’il regarde d’une certaine manière. Pendant ses vacances, il est perturbé car il lui arrive toujours de faire le même cauchemar dans lequel il est traqué par une escouade de chats bizarres. Un jour, il est propulsé dans un monde intermédiaire en pleine journée et un sinistre individu nommé le traqueur lui déclare vouloir son corps. S’échapper aurait été ardu sans la présence d’une jeune fille qui joue les super-héros. Pour la remercier, comme celle-ci tente en vain de rejoindre le monde des rêves, Yumeji lui arrange un hébergement.
La situation se met rapidement en place mais les liens entre le monde réel et les mondes oniriques ne sont pas vraiment détaillés. Le concept paraît confus au premier abord. Yoshitaka Ushiki introduit des moments humoristiques dans son récit d’aventures mais ils sont trop peu nombreux pour en faire un argument phare. Le dessin est un peu grossier, tourné essentiellement vers les personnages. Les décors sont étonnamment peu présents alors que ces mondes imaginaires auraient pu être l’occasion de creuser des designs originaux. Même les adversaires ne sont pas marquants pour le moment.
Merry Nightmare #1
Editions Taifu Comics, Collection Taifu Shadow
scénario, dessin: Yoshitaka Ushiki, Dakujin, Kakenobu Fuji
2010
Kane Alkins

Shadow Banking #1: Le Pouvoir de l’ombre

La crise financière a pris une tournure bien dramatique. Mais si l’on revient un peu en arrière, en suivant l’arrivée de Mathieu Dorval à la BCE où il rejoint son mentor Victor De La Salle, vice-président, nous découvrons que les deux hommes analysent des chiffres leur étant parvenus fortuitement et soulignant la fragilité de la Grèce. Au sein de l’établissement, Mathieu retrouve une amie d’école préparatoire, fait grincer les dents d’un collègue particulièrement agaçant jalousant sa relation avec un grand ponte, et rencontre Aurélie qu’il ne tarde pas à installer chez lui. Les choses virent au cauchemar au début d’un WE que le couple devait passer chez Victor puisqu’ils découvrent celui-ci pendu, apparence de suicide que rien ne laissait présager. Peu après, Mathieu est arrêté pour un délit d’initié qu’il n’a pas commis malgré les mouvements apparaissant sur ses comptes! Il décide alors de s’enfuir et cette machination le convainc du meurtre de son ami. Aidé de Skull, un informaticien de haut vol, il va mener une enquête forcément dangereuse.
Quelques éléments de finance forment le cadre tandis que des dissimulations financières fournissent les sources et motivations d’un thriller qui démarre de belle manière, mené par Corbeyran et Frédéric Bagarry. Le personnage principal apparaît volontaire et semble avoir de la ressource mais il va avoir à faire face à des adversaires déterminés. Eric Chabbert assure une mise en page efficace, variée, avec un penchant assumé pour des vues extérieures soignées d’architectures. Ceci dit, les autres aspects graphiques ne sont pas négligés, physionomies et phases dynamiques comprises. La série promet donc et suscite l’envie de la suivre, même si les dernières pages sonnent bizarrement, avec le personnage de Skull refusant d’avoir des détails sur le guêpier dans lequel s’est fourré son ami mais s’investissant à fond dans la compréhension d’un phénomène financier pour lequel il n’a aucune attirance ni connaissances a priori.
Shadow Banking #1: Le Pouvoir de l’ombre
Editions Glénat, Collection Grafica
scénario: Frédéric Bagarry, Corbeyran
dessin: Eric Chabbert
couleur: Luca Malisan
texte: Elise Lucet
Septembre 2014
Kane Alkins

Le Viandier de Polpette #1: L’Ail des ours

Polpette est un ancien cuistot militaire qui ne s’est pas vraiment fait au progrès et qui, fuyant les villes et ne trouvant pas sa place dans les villages, a fini se caser dans une auberge bien particulière. Celle-ci appartient à un comte relégué dans cette petite propriété lors de son enfance par son père soucieux de mettre en sécurité son rejeton devant les menaces militaires. Ce domaine délabré, il l’a transformé avec l’aide de Biryani son précepteur. Aussi lorsqu’il apprend la toute prochaine visite de son père et de ses cousins après tant d’années, c’est une certaine nervosité qui étreint ce petit noble s’étant bâti son petit domaine paisible et quelque peu isolé des troubles extérieurs.
La petite vie tranquille des quelques personnes vivant sur le domaine est bien amenée et l’on sent que ceux-ci ont des relations agréables les uns avec les autres. Le rythme du récit se traîne un peu, reflétant le calme dominant. Chose surprenante, les auteurs nous assènent quelques recettes de cuisine ou de préparation de cocktails en pleine narration, la trouant d’intermèdes au lieu de les reléguer en notes finales. Les choses s’accélèrent par la suite lorsque les vrais bouleversements arrivent, heureusement. Le graphisme est orienté jeunesse, avec un dessin stylisé, simple et agréable. D’une manière générale, les personnages nous sont rendus sympathiques et c’est bien grâce à cela que la lecture se poursuit malgré le peu d’allant du récit.
Le Viandier de Polpette #1: L’Ail des ours
Editions Gallimard
de Olivier Milhaud, Julien Neel
édition: Julien Neel, Jean-Luc Deglin
Mai 2011
Kane Alkins

Le Manifeste du parti communiste

Dans une usine fin dix-neuvième siècle, le travail n’est pas vraiment joyeux et quelques amis discutent de leur insatisfaction. Ce sont Bill, soucieux de justice, Bert, limite théoricien, Frank, costaud ayant laissé sa famille à la campagne, Simon, violent et emporté. Le sort réservé à un vieux qui peinait à la tâche provoque une rébellion vite réprimée. Les cadences augmentent pour les ouvriers restés tandis que d’autres se terrent, fuyant la police. C’est alors que Normann, bras droit du propriétaire de l’usine, avoue à Bill et Bert qu’il a sciemment mis la pression sur les ouvriers pour susciter les troubles. Il les invite à s’organiser et quelques mois plus tard, les voici tous ayant établi Utopie, ville reposant moins sur l’exploitation des hommes, avec le support financier de Bruno, instigateur qui les pousse à l’étape suivante, celle de la propagation armée de la lutte contre les bourgeois. Les choses se corsent alors rapidement.


Les mésaventures de ces personnages sont le prétexte permettant, lors de dialogues ou de longs pavés récitatifs, d’inclure des citations directes du Manifeste du parti communiste. Surviennent également Marx et Engels en personnes sous forme d’entités oniriques commentant leurs positions ou éclaircissant une situation. Si une partie de l’œuvre originelle est exposée, certains aspects sont forcément laissés de côté. Pourtant ont été conservées des références de mouvements ou de partis permettant d’inscrire l’œuvre dans son époque. Le choix de cette insurrection de nos amis pour illustrer le propos est discutable si l’on considère ses détours et son sort malheureux qui entraînent nécessairement un moment de flottement par rapport à la conclusion souhaitée, l’encouragement à l’union des prolétaires de tous les pays. Par ailleurs quelques éléments anecdotiques détonnent tel le contre-sens de bourgeois revendiquant pyramides et croisades, ou la présence du marteau et de la faucille aussi bien qu’un drapeau US complet, anachroniques ici. Concernant le graphisme, il faut noter un design sympathique des principaux personnages, très différenciés. Ils occupent l’essentiel de l’œuvre, les décors étant réduits au minimum. Le trait est épais, schématique, parfois malhabile, mais se révèle dynamique.
Le Manifeste du parti communiste
Editions Soleil Manga, Collection Classiques
scénario, dessin: Variety Art Works
d'après l'oeuvre de: Karl Marx, Friedrich Engels
Mars 2012
Kane Alkins

Mademoiselle se marie #1

Dans la famille traditionnaliste et richissime de Towako, il est de coutume de se marier avec quelqu’un désigné par la même heure de naissance. Tous les ans, la jeune fille a reçu une photo de son fiancé. Mais à l’âge de dix-huit ans, alors qu’a lieu la rencontre si attendue, Yûga ne se montre pas aussi coopératif que dans ses rêves. Celui-ci, n’étant pas aussi détaché du monde, n’envisage pas de se marier avec une inconnue. Ils restent ensemble un moment, et finalement les deux s’attachent tout de même. Les choses s’accélèrent devant le risque d’être séparés pour toujours et ils se marient rapidement, malgré quelques incidents.


On peut dire que Megumi Hazuki n’hésite pas à faire passer ses personnages à la vitesse supérieure. Reste qu’ils n’en sont encore qu’au début de leur relation, comme le montrent leurs attitudes. Le rythme est rapide, entraînant et l’humour est présent, ne serait-ce que par le comique de situation provoqué par ces circonstances exceptionnelles. Le dessin est parfois schématique notamment en ce qui concerne les décors. Le soin s’attache aux personnages, qui connaissent tout de même des variations amusantes plus simplifiées.
Mademoiselle se marie #1
Editions Kazé Manga, Collection Shôjo
scénario, dessin: Megumi Hazuki
illustration: Nagamu Nanaji
Octobre 2011
Kane Alkins

Peace Maker #1

Hope Emerson est un tireur hors pair qui ne veut néanmoins pas se mêler aux différents duels ayant lieu dans chaque bourgade. Les circonstances vont toutefois l’amener à y participer pour sauver une jeune fille qu’un malfrat recherchait. Une fois ce dernier vainqueur d’un duel, il le provoque à son tour et remporte le titre. Seulement la fille ne souhaite pas le quitter et il se retrouve également avec un autre profiteur à ses basques. Le malfrat faisait partie d’une bande célèbre et Hope devient dès lors la cible de leur recherche, en plus de la fille qui n’est autre qu’un membre de leur famille. S’ensuivent un passage à la banque pour affronter des hors la loi, puis un détour dans un village démoli et enfin un tour dans la ville dont est originaire son compagnon, joueur de talent.


L’Ouest est aseptisé dans cette bande dessinée et même si le héros apparaît mal rasé à certains moments, tout le monde apparaît relativement soigné. Les deux personnages de Hope et de son compagnon joueur sont attachants, ce qui n’est pas vraiment le cas de la fillette qui les accompagne. Ryouji Minagawa profite des affrontements pour mettre en scène différentes techniques de tir, reste à voir si celles-ci sont assez nombreuses pour soutenir l’intérêt. Le dessin reste très propre, fin, ce qui ne semble pas l’idéal pour représenter le caractère brut du western. On perd également en dynamisme. Ceci dit, le cadrage se permet des originalités bienvenues.
Peace Maker #1
Editions Glénat Manga, Collection Seinen
scénario, dessin: Ryouji Minagawa
éditeurs: Ryo Ito, Tatsuya Muto
Septembre 2011
Kane Alkins

The Arms Peddler #1

Dans un monde redoutablement cruel, Sona Yuki a vu la caravane de sa famille exterminée par des bandits de grand chemin qui l’ont de plus marqué au fer rouge, comme si ce souvenir n’allait pas déjà le hanter. Il est recueilli par Garami, une marchande d’armes qui le protège des corbeaux spectraux et se sert de lui par la suite comme son esclave tant qu’il n’a pas remboursé sa dette. Le jeune garçon découvre ainsi la vie de fournisseur d’engins de morts. Il s’agira dans un premier temps de fournir les moyens de détruire un monstre volant et provoquant la pluie, que des villageois considèrent comme un dieu. Il faudra par ailleurs faire pénétrer dans une ville hyper protégée une cargaison d’armes. Garami se révèle très habile et redoutable combattante.


Dans cette série, Kyoichi Nanatsuki mêle à un univers post-apocalyptique des créatures surnaturelles et de la nécromancie. Le mélange fonctionne plutôt bien et son héroïne est charismatique à souhait. On ne peut en dire autant de Sona qui joue le rôle du gamin geignard et apeuré découvrant le monde dans lequel il vit. Espérons qu’il se ressaisisse. Le graphisme de Night Owl convient tout à fait aux ambiances de western. Les monstres sont également convaincants. La mise en page est claire et le plaisir de la découverte est au rendez-vous.
The Arms Peddler #1
Editions Ki-oon
scénario: Kyoichi Nanatsuki
dessin: Night Owl
texte: Kyoichi Nanatsuki
Février 2012
Kane Alkins

The Breaker #1

Shinwoo est un élève victime de racket. Un professeur remplaçant nouvellement arrivé le voit mais n’intervient pas, lui donnant comme conseil de lutter lui-même. Plus tard, en ville, notre malheureux élève aperçoit et filme son professeur faire preuve de capacités en combat hors du commun. Mais la pression à l’école s’accentue au point qu’il décide du sauter du toit du lycée. Il se fait rattraper in extremis par son professeur qui saute avec lui, amortissant leur chute par la voiture du sous-directeur. Shinwoo supplie son sauveur de lui apprendre comment se battre, afin qu’il puisse éviter le racket au final, surtout que maintenant on lui demande d’amener son amie.


La série est humoristique et par certains aspects rappelle furieusement GTO (professeur remplaçant super fort en combat, attitude désinvolte de celui-ci, élève se jetant du haut de l’immeuble sauvé in extremis aux dépens de la voiture…). Ceci dit, le professeur n’exerce qu’à titre de couverture ici puisqu’il semble lié à des histoires de gang, un assassin venant l’affronter. Il semble aussi avoir plus de bagout avec les femmes. Geuk-Jin Jeon aménage un ton plaisant dans cette série tandis que Jin-Hwan Park fournit un dessin dynamique, servant le rythme soutenu de lecture. Le trait est fonctionnel, aussi à l’aise pour les expressions parfois outrées que pour les décors.
The Breaker #1
Editions Booken Manga
scénario: Geuk-Jin Jeon
dessin: Jin-Hwan Park
Février 2011
Kane Alkins

Ilegenes #1

Ilegenes est une île-état dont le savoir-faire en matière de génétique lui vaut à la fois une belle réputation scientifique et une moins reluisante du fait d’un marché noir florissant. Dans ce cadre, ceux qui se destinent à une carrière militaire sont souvent des personnes pas assez qualifiées pour faire des études en génétique. Fon F Littenber, fils d’un célèbre scientifique assassiné, n’est pas là pour cette raison: il est en effet extrêmement brillant et a deux ans d’avance. Il se retrouve en internat avec pour colocataire Jake, autre élève atypique puisque celui-ci a trois ans de retard pour avoir bourlingué un peu. Ces deux se rapprochent et avec le sérieux Nicolas et le turbulent Crudup forment un quatuor qui va vite se trouver concurrent de quatre élèves de platine, surnommés ainsi pour la richesse de leurs parents. Le ressentiment de ceux-ci et en particulier de Andrew, fils du premier ministre, qui ne supporte pas qu’on lui vole la vedette, est tel que les accidents se succèdent.


L’entrée dans la série se déroule plutôt lentement, en prenant le temps de poser les personnages principaux. Le cadre où évoluent les élèves apparaît particulièrement relâché pour un domaine militaire. Mizuna Kuwabara se concentre ensuite sur les rivalités estudiantines et ne nous livre que peu d’éléments supplémentaires en ce qui concerne cet univers. Le dessin de Kachiru Ishizue est fin, comprend peu de décors, apparaît assez figé, avec des personnages longilignes.
Ilegenes #1
Editions Soleil Manga, Collection Gothique
scénario: Mizuna Kuwabara
dessin: Kachiru Ishizue
texte: Mizuna Kuwabara, Kachiru Ishizue
Mars 2012
Kane Alkins

Lone Sloane: Délirius #2

Lone Sloane quitte Nabuclon, où il a contribué à l’insurrection locale, pour rejoindre, suite à son appel, Yaerl, son ancien compagnon d’armes embourgeoisé. Après le rapt de sa fille Mali, celui-ci est bien décidé à repartir sur Délirius, la planète de tous les plaisirs, et il demande l’aide de notre héros aux yeux rouges. Les deux hommes se retrouvent vite aux prises avec les autorités et tandis que Sloane parvient à s’échapper avec Mali, Yaerl est envoyé au bagne. Affaibli par un poison, traqué, Sloane se procure un véhicule avec l’aide du petit ami de Mali, un flic. Et ils se dirigent vers le bagne pour délivrer Yaerl. Sur cette planète, les fanatiques de la Rédemption Rouge, ennemis de notre héros, ont assemblé leur force pour pénétrer le secteur interdit, recelant une arme dévastatrice, tandis que Shaan compte bien avec les forces innombrables de son empire mettre un terme à ce courant extrémiste tout en s’offrant en bonus la tête de Lone Sloane.


Ce volume est l’occasion de se replonger dans un opéra galactique et de retrouver un héros charismatique. Philippe Druillet évoque la lente réalisation de cet album et de fait, ce sont trois phases différentes qui ressortent: planches plus crayonnées pour les plus anciennes, planches encrées suivant un découpage, et enfin cases encrées d’une ou deux planches pour de vastes panoramiques. La couleur et le foisonnement de détails homogénéise le tout et la lecture ne se ressent pas de l’accouchement difficile de cette œuvre. Le rythme est plutôt rapide, le récit clair, mais le dénouement quant au sort des compagnons est géré de manière un peu expéditive.
Lone Sloane: Délirius #2
Editions Glénat, Label Drugstore, Collection Fantastique et Science-Fiction
scénario: Jacques Lob, Benjamin Legrand
dessin: Philippe Druillet
couleur: Jean-Paul Fernandez
texte: Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet, Jean-Paul Fernandez
Janvier 2012
Kane Alkins

Kings of Shôgi, The Flowers of Hard Blood #2

La jeune Shion a été traumatisée lorsque ses parents ont été assassinés. Depuis elle s’est faite adoptée et ne parle plus. Sa vie est tout entière orientée vers le jeu de shôgi, dans le cadre duquel elle est passée professionnelle. Victime d’un malaise, elle fait tout pour jouer sa rencontre en tournoi contre Ayumi et les deux adversaires livrent un match acharné. Ayumi est un garçon qui se déguise en fille pour jouer dans cette catégorie. Pour lui le gain est essentiel puisqu’il en a besoin pour les frais d’hospitalisation de sa mère. Cela le rend d’autant plus motivé. Saori joue la finale et laisse de côté ses techniques gentilles pour aborder d’une toute nouvelle façon le shôgi, suite à une remarque du maître Hani.


L’essentiel de l’ouvrage tient dans la tension du combat entre Ayumi et Shion et Masaru Katori laisse complètement de côté l’intrigue policière qui tournait autour du drame de Shion. De fait, ce recentrage sur le jeu lui-même et sur les coups rend certaines parties de la bande dessinée un peu dures à suivre. Il reste cependant l’atmosphère et l’aspect psychologique pour soutenir l’intérêt de lecture pour un non initié à ce jeu. Le dessin sert le propos avec des cases de jeu et de morceaux de positions obscures au débutant et heureusement bien d’autres cases aux physionomies variées et soignées, faisant bien passer la concentration notamment.
Kings of Shôgi, The Flowers of Hard Blood #2
Editions Pika, Collection Seinen
scénario: Masaru Katori
dessin: Jirô Andô
Juillet 2011
Kane Alkins

Coco en Angleterre

Coco est une jeune chinoise qui est partie étudier en Angleterre où elle s’est spécialisée dans les domaines artistiques. Elle raconte dans cet ouvrage les différentes aventures qui lui sont arrivées dans cette terre étrangère aussi bien que tous les petits détails de la vie quotidienne qui l’ont tout d’abord désarçonnée. Ainsi se succèdent des éléments sur le logement, la nourriture, un emploi dans un supermarché, les cours d’arts plastiques, les études d’Anglais, les théâtres londoniens, un récital de piano à l’école, le stress des examens, un voleur vu en action et la décision d’adopter un sport de combat, son expérience de femme de ménage, les petits détails dans les vols internationaux…


La narratrice sait se rendre attachante et toutes ses mésaventures, outre le fait qu’elles mettent en évidence certaines différences entre Chine et monde occidental, forment une autobiographie bien réussie. Coco Wang a adopté un dessin certes schématique mais son petit personnage en rondeur a bel et bien un air sympathique et ses expressions sont bien soignées. On prend plaisir à lire ses petites remarques sur le monde qu’elle a découvert dans son parcours quelque peu atypique. Le récit dégage un certain dynamisme et la motivation de l’auteur est communicative. Elle ne recourt pas systématiquement au découpage en cases visibles mais la lecture n’en est pas moins claire pour autant.
Coco en Angleterre
Editions Xiao Pan
scénario, dessin: Coco Wang
Juin 2011
Kane Alkins

Une Nuit de pleine lune

Une bande de jeunes gens de profils différents se sont donné rendez-vous en campagne. Grâce aux renseignements de l’un deux, ils savent que les propriétaires de la bâtisse du coin s’absentent pour aller en ville chaque samedi soir. Ils connaissent également le moyen d’accéder à l’enceinte, ainsi que le code de l’alarme intérieure de la maison. Evidemment, c’est le coffre qu’ils visent. Mais les choses dérapent lorsqu’ils constatent que celui-ci est mécanique et non électronique comme ils l’avaient prévu. Le plus agressif du groupe décide alors de prendre les choses en main: il déniche un pistolet dans la chambre et les convainc d’attendre le retour des bourgeois pour les soumettre à la question. L’autre surprise viendra du profil très particulier du propriétaire.


Dans ce récit un peu glauque, Yves H. met en scène un groupe dysfonctionnel que les imprévus mettront à mal. Les paroles blessantes fusent et le lecteur ne peut que les sentir mal partis d’emblée. La tension monte petit à petit. Ce que renforce le graphisme, plus sombre lorsque le propriétaire se rebiffe et coupe l’électricité pour apeurer ses cibles. Le dessin de Hermann est chargé de hachurages, les personnages jouent de gammes d’expressions bien rendues, de la lassitude à l’irritation, de la terreur ou de la détermination.
Une Nuit de pleine lune
Editions Glénat, Collection Grafica
scénario: Yves H.
dessin: Hermann
couleur: Sébastien Gérard
Septembre 2011
Kane Alkins

Hideout

Seiichi est écrivain de profession et il y a un an un malheur a frappé sa famille. Son enfant est mort dans un accident domestique et depuis son couple bat de l’aile. Pour couronner le tout, il a de plus en plus de mal à placer ses textes. Sa femme refuse le divorce mais il est bien décidé à repartir à zéro. Il organise un voyage dans une île ainsi que le meurtre parfait. Seulement dans la jungle la nuit, sa tendre épouse se réfugie dans une caverne qui s’avère occupée. Notamment d’un individu armé et cannibale.


Le récit fonctionne en alternant scènes cauchemardesques dans la caverne et flashbacks montrant ce qui a conduit l’écrivain à sa décision radicale. Il est regrettable de ne pas avoir insisté davantage sur le cheminement en en rajoutant en ressentiments. Car la place étant réduite, la prise de décision paraît là exagérée. Ceci dit, cela laisse libre cours à la représentation de la folie à l’intérieur du lieu mi-clos. Le graphisme est détaillé et l’atmosphère est sombre comme il convient. La mise en page est claire, classique et le rythme rapide. Le trait n’est pas vraiment élégant mais dans ce genre de registre, cela n’est pas gênant, au contraire.
Hideout
Editions Ki-oon
scénario, dessin: Masasumi Kakizaki
team: Rumi Ikoma, Takuya Mori, Chihiro Yamamoto
Octobre 2011
Kane Alkins

The Traveler #1

Des super-vilains font leur apparition, à chaque fois semblant viser des particuliers sans importance. Ceux-ci se voient condamnés. C’est alors qu’un super-héros surgit in extremis pour les tirer d’affaire, se faisant appeler Kronus. De fait, il semble bien maîtriser le temps, pouvant jouer à le figer ou l’accélérer. Tandis que ses adversaires contrôlent chacun une force fondamentale de l’univers. Curieusement, Kronus intervient pour retarder l’arrivée d’un chercheur à son laboratoire le jour d’une expérience de taille. Désespéré, c’est devant le fait accompli que le scientifique arrive atterré: le chaos règne sur place et des projections d’énergie atteignent la femme qu’il comptait demander en mariage.


Les caractères principaux des différents pouvoirs en présence sont rapidement expliqués et le récit commence sur les chapeaux de roue. Mark Waid introduit un peu d’humour mais c’est vraiment à la marge: le ton reste sérieux. La tragédie explique les origines du pouvoir en même temps que des comportements qui paraissaient déplacés de la part du héros. Plutôt bien vue comme construction de récit. Le graphisme est plutôt simple, basculant parfois dans la schématisation à outrance. Les décors ne sont guère importants, tout tourne autour des personnages. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’originalité dans le trait. Les couvertures de Scott Clark sont par contre de toute beauté.
The Traveler #1
Editions Emmanuel Proust, Collection Atmosphères
scénario: Mark Waid (concept: Stan Lee)
dessin: Chad Hardin
couleur: Blond
éditeur originel: Dafna Pleban
couverture: Scott Clark
encrage couverture: Dave Beaty
couleur couverture: Joe Cesario
illustrations: Scott Clark
encrage illustrations: Dave Beaty
couleur illustrations: Joe Cesario
Juin 2011
Kane Alkins

The Swordsman #1

A la fin du dix-huitième siècle, dans le royaume de l’ancienne Corée, le dirigeant Youngjo est contraint de condamner à mort son fils héritier suite aux pressions du parti le plus puissant et sous le prétexte d’une escapade interdite. Cependant le roi décide de contrefaire l’exécution et de sauver son rejeton, avec l’aide de ses spécialistes des arts martiaux. Ceux-ci mettent au point un stratagème et c’est une autre personne qui se voit enfermée dans un coffre à riz. Alors que l’héritier est conduit clandestinement sous escorte hors de la cité, il est attaqué par des fidèles du parti dominant. La lutte s’engage alors pour sa survie.


Pour l’instant, le personnage de Baek Dongsu, héros de la série, ne fait que quelques apparitions et il n’a pas encore atteint sa maîtrise des arts martiaux qui le rendra célèbre. Jae-Heon Lee nous introduit à la politique de l’époque mais surtout réserve une grande place pour l’action qui sera au cœur de cette série. Ki-Woo Hong est tout à fait à l’aise pour livrer des dessins dynamiques et une mise en page nerveuse pour ces combats. Par ailleurs, les visages, qui occupent l’essentiel de l’espace hors combats pour des dialogues, sont soignés, tandis que les décors sont un peu laissés de côté.
The Swordsman #1
Editions Booken Manga
scénario: Jae-Heon Lee
dessin: Ki-Woo Hong
Février 2011
Kane Alkins

Le Dauphin, Héritier des ténèbres #1: L’Enfant du temple

Une fois que les révolutionnaires eurent enfermé le fils de Louis XVI dans les geôles, Baphomet lui apparut et lui proposa un pacte. Après une formation de longue durée, le dauphin finit par obtenir le droit d’aller sur Terre. Son objectif est dorénavant de tuer les humains à l’âme ternie. La sensation éprouvée alors devient telle une drogue le poussant à trucider encore plus de criminels. L’immortalité lui étant accordée, il peut paraître bien insouciant. Son air ne trompe pas son fils adoptif devenu vieillard. Parvenir à l’époque actuelle n’a pas encore permis au dauphin de découvrir les enjeux de sa condition et les forces en présence, comme le prouve les intervenants s’agitant autour de sa capture.


Pour un premier tome, il faudra se contenter de rester dans un flou, au même point d’incertitude que le héros qui découvre de nouveaux aspects de sa vie immortelle. Avec un récit se déroulant autant sur le plan terrestre que sur un plan diabolique, la série a du potentiel, reste qu’il est encore difficile de savoir à quoi s’en tenir. Dommage d’avoir insisté sur ce qui n’étaient que des moments anecdotiques au final. L’attitude désinvolte du héros bourlingueur va bien avec sa condition d’immortel. Le graphisme est efficace, les monstres sont convaincants et les phases plus réelles également. La mise en page est variée et la mise en couleur sert bien les atmosphères voulues.
Le Dauphin, Héritier des ténèbres #1: L’Enfant du temple
Editions Glénat, Label Drugstore, Collection Fantastique et Science-Fiction
scénario: Maxe L’Hermenier
dessin: Brice Cossu
couleur: Yoann Guillo, Guillaume Grzezcka
Mars 2011
Kane Alkins

Bloody Monday #1

Fujimaru est un lycéen qui possède un talent très particulier puisqu’il est en fait un hacker célèbre qui se la joue discret ces derniers temps sur les instructions de son père. Il ne reste pourtant pas inactif puisqu’il rend service à l’agence d’investigation de sécurité publique du Japon à laquelle appartient son paternel. Ceci dit, bien qu’il lui faille rester discret, il ne résiste pas à l’envie de piéger un professeur ayant une réputation vicieuse. Alors qu’il essaie de décrypter un fichier fourni par l’agence, les événements se précipitent: son père est accusé d’assassinat et disparaît, ses amis sont mis dans la confidence en ce qui concerne ses capacités en informatique, le fichier décompressé révèle une vidéo des plus gores sur les ravages d’un virus biologiques dans un train…


Avec un jeune héros maîtrisant l’informatique de haut vol, cette série promet quelques enquêtes originales. Quelques notions basiques sont disséminées au passage. On notera un méchant plutôt retors dans ce premier volume. Les personnages sont nombreux et ont chacun leur petit caractère. Le dessin est tout à fait honnête et soigné. La mise en page tient du classique parfois trop sage et l’on apprécie les quelques respirations par des cases prenant toute une page çà et là. Le choix des pupilles de chats pour marquer la détermination et la concentration donne un effet curieux pas des plus heureux, mais ce n’est qu’un détail.
Bloody Monday #1
Editions Pika, Collection Shônen
de: Ryou Ryumon, Kouji Megumi
Septembre 2010
Kane Alkins

Un Carré de ciel bleu #1

Dans une petite bourgade de campagne, trois jeunes étaient inséparables: Miyuki, Fumika et Shûichi. Et Fumika est partie pour Tokyo vivre la vie d’une idole de la chanson. Puis Miyuki est devenue amnésique. Lorsque Fumika revient vivre de nouveau dans la petite cité, elle retrouve des émotions du passé. Mais confrontée à une Miyuki ne la reconnaissant pas, elle ne sait comment se comporter. Bientôt sa bonne humeur reprend le dessus: elle met en boîte régulièrement Shûichi tandis que celui-ci a toujours ses pensées volant vers Miyuki. Cette dernière est toujours gênée lorsque les gens font référence à son passé.


Le petit trio de personnage se met très rapidement en place et les personnages sont bien caractérisés, avec de jolies physionomies. Le trait a une certaine élégance, un aspect lâché souvent qui est très plaisant. Les décors sont réalistes, peu nombreux: l’essentiel tient dans les individus. L’humour est présent, essentiellement grâce à l’enthousiasme de Fumika. Les sentiments sont également évidemment bien là aussi et l’originalité de l’amnésie est bien trouvée, tant pour les réactions de l’intéressée que pour celles de son entourage.
Un Carré de ciel bleu #1
Editions Bamboo, Collection Doki-Doki
scénario, dessin: Sô
Mars 2011
Kane Alkins

Happy Birthday Martha Washington

Dans ce recueil mettant en scène Martha Washington, la combattante pour la paix, on trouve trois histoires indépendantes. L’une d’elle est vraiment anecdotique et fait se confronter Martha et une guerrière adverse, les deux luttant avec leur propre armement qui ne paraît pas fiable, loin de là. Les deux autres récits à chute concernent des missions confiées à notre héroïne, l’une pour aller tuer un dirigeant d’une force armée à Manhattan, l’autre pour aller récupérer à Philadelphie un sérum auprès d’un super-soldat qui n’obéit plus aux ordres. Elle le retrouve auprès de la cloche de la liberté qu’il ne souhaitait pas laisser aux ennemis. Il lui donne alors une vraie leçon d’insubordination, lui qui lui avait servi de modèle.


Ces petits récits portent tous un petit regard ironique sur les forces armées. La guerre en général peut conduire à des situations absurdes et Frank Miller se fait une joie d’en mettre en évidence. L’héroïne est rendue humaine car victime mais elle n’en est pas moins vindicative dans certains cas. Dave Gibbons est toujours égal à lui-même avec un dessin très clair, d’une certaine élégance. La couleur vient ajouter un côté sombre renforçant l’atmosphère de malaise ambiant.
Happy Birthday Martha Washington
Editions Dark Horse, Collection Legend
scénario: Frank Miller
dessin: Dave Gibbons
couleur: Angus McKie, Alan Craddock
éditeur: Bob Schreck
Mars 1995
Kane Alkins